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← articles plus anciens 20 août 2015 change d’adresse depuis plus de six ans, est le blog de référence sur les musiques afro-caribéennes et latines. retrouvez désormais à l’adresse suivante : mundolatino.blog.lemonde.fr a très vite ! yannick le maintec publié dans musique | laisser un commentaire 25 juillet 2015 orlando poleo : « il faut célébrer les vivants. » le percussionniste vénézuélien orlando poleo sera ce soir à l’affiche de la vingt-deuxième édition du festival tempo latino à vic-fezensac. rencontre avec l’une des figures de la scène parisienne . orlando poleo m’avait donné rendez-vous au studio bleu, juste à côté du new morning. il m’accueille souriant, les yeux pétillants. le musicien affiche une bonhomie bienveillante. il parle doucement, me demande de le tutoyer. je lui propose de commencer en évoquant ses débuts, il s’exécute dans un français presque parfait. un surdoué orlando poleo est né en 1962 à sarría, un quartier populaire de caracas. il n’y avait pas de musicien dans sa famille, une famille qui, raconte-t-il, aimait faire la fête. orlando se souvient de ces samedis soirs passés à danser jusqu’au lendemain. « la musique qu’on écoutait à cette époque-là, -on n’appelait pas encore ça la salsa- c’était tito rodriguez, eddie palmieri, rafael cortijo, joe cuba, beaucoup joe cuba. » il écoutaient aussi les orchestres locaux, federico y su combo, et encore avant, la sonora caracas, le premier orchestre avec qui celia cruz enregistra. poleo a commencé la musique très tôt. « a l’âge de huit ans, j’ai demandé une batterie à ma mère. a l’age de 12 ans, je me suis mis au bongo, j’étais à fond ! a l’âge de 14 ans, j’étais professionnel. » orlando a appris le solfège dans une école de musique à caracas pendant un an et demi. il a continué seul. « j’ai commencé à jouer, à jouer, à jouer, j’ai enchaîné les groupes. j’ai enregistré pour la première fois à l’âge de 17 ans. » orlando a joué avec des groupes qui sont devenus rapidement populaires comme adrenalina caribe ou encore le all-stars vénézuélien trabuco venez o lano. l’approfondissement « j’ai beaucoup appris de la musique portoricaine. » son premier voyage à p ue rto rico date de 1983. orlando accompagnait odila, l’orquesta de instrumentos latinoamericanos . à san juan il rencontre un grand maître, cachete ma l do n ado, le directeur d e batacumbele. c’est à ce tte occasion qu’il se li e d’amitié avec giovanni hidalgo qui avait le même âge que lui, à un an près. il y est retourné en 91 pour des ateliers. sa dernière visite date de 2002. et puis il y a eu cuba. orlando s’y rend pour la première fois à l’age de 25 ans pour approfondir la musique traditionnelle. le percussionniste raconte comment son mozambique sonnait new-yorkais avant de se former auprès de ceux qui l’ont inventé. il retourne à cuba en 1989 avec adrelina caribe. il y fait la rencontre angá díaz et maraca valle. en 91, orlando retourne à cuba afin d’être intronisé et devenir hijo de aña pour pouvoir jouer les batas de façon sacrée. le tournant 1991 fut une année marquante pour orlando poleo. de retour de porto rico, il est invité en france à un festival de percussions. orlando raconte : « pour rester en france, il me fallait changer mon visa de touriste. j’étais retourné à caracas pour régler ces histoires de papier. là-bas, mes amis me disent qu’ils vont à cuba pour la cérémonie de aña, je les suis, je retourne à caracas, je prends mon billet pour la france, je suis resté. ça fait 24 ans déjà. » les étoiles orlando arrive en france en pleine explosion de la salsa. je lui demande : « comment c’était, les années 90 ? » « de la folie ! j’arrive en tant que musicien, je joue tout de suite… avec alfredo rodriguez, azuquita… il y avait mambomania, le big band de tito tuentes, tous ces groupes circulaient. je jouais trois fois par semaine au etoiles, j’ai joué au sunset, deux fois par mois, à la coupole, deux fois par mois. » il répète « jusqu’en 2000, c’était un mouvement fou, fou, fou. » une histoire française « et puis il y a eu le mouvement inverse. il y a eu saturation. tout le monde avait son groupe -il y avait pas autant de musiciens qu’aujourd’hui-. » le maestro n’est pas avare d’éloges sur la scène latine de son pays d’adoption. « le niveau a changé. les musiciens qui ont été formés ici sont devenus des professionnels, des références, et même des maîtres. » orlando porte le même regard bienveillant sur le public français même si il commence par une pique : « la france était en retard, comparée à l’italie, l’angleterre, même l’allemagne. » il souligne la culture musicale du public, grâce au nombre important de concerts et de festivals, précise-t-il. « dans les autres pays quand l’orchestre joue, les gens dansent comme sur un disque. je joue du latin-jazz et de la salsa. ici, quand ils entendent un solo de trompette, les gens s’arrêtent de danser et écoutent. pour les musiciens, c’est important. » est-ce parce qu’il se sentait écouté qu’il est resté ? orlando est devenu une des figures incontournables de la scène parisienne …premiers albums avec orlando valle, maraca, tournée avec dany brillant, lavilliers, jazz à nice, marciac (trois fois), tempo latino (deux fois), sans oublier le lancement de la fusée buenaventura (le colombien avec poleo). sa formation chaworo, avec son complice carlos espósito « kutimba » (« un des meilleurs soneros qui soit. »), fêtera en 2015 ses vingt années d’existence. longtemps pilier du baiser salé, le percussionniste a établi sa résidence à la péniche l’improviste. la transmission…. difficile d’évoquer la carrière d’orlando poleo sans parler de transmission. il est tout surpris que je lui parle de ça. « vous êtes un des premiers en europe. » et pourtant… poleo bénéficie d’une aura exceptionnelle dans le milieu des musiciens. « c’est un fait très connu au vénézuéla. quand les journalistes m’interrogent, ils me parlent de toute la génération de musiciens qui a été formée par moi. » orlando a commencé à donner des cours à l’âge de 18 ans. cela fait 35 ans qu’il est dans l’enseignement. une salle de saint-cyr-sur-loire porte désormais le nom d’orlando poleo. il trouve ça bien. « il faut célébrer les vivants. », me dit-il. « après c’est trop tard ! je suis très content que tito puentes ait été choisi comme parrain de tempo latino cette année, parce qu’il le mérite vraiment. » il continue « ernesto tito puentes fait partie de la génération « d’avant ». un jour, il part de cuba pour une tournée et puis il y a la révolution. il lui faut choisir. tu imagines depuis combien de temps il est là ? il n’a pas pu voir sa mère pendant quarante ans. c’est un des musiciens qui a fait le plus pour la salsa en france. » hier à paris, orlando a rendu hommage à paris à son compatriote récemment disparu alfredo cutufla. i l se produir a ce soir pour la troisième fois à vic – fezensac . le chaworo d’orlando poleo n’était pas venu à tempo latino depuis 18 ans . bonne nouvelle : orlando a de nouveaux titres à son arc. son dernier album, cúrate !, date de 2007 . le conguéro promet un nouvel album pour l’an prochain. yannick le maintec a lire également : cinq raisons de venir à tempo latino (en 2015) sur le monde.fr : – orlando poleo fait résonner ses congas du jazz à la salsa – dans les congas d’ orlando poleo, l’héritage africain du venezuela les plus fidèles d’entre vous auront noté le changement de titre du présent article. lorsque orlando a réitéré ses propos samedi sur la scène de vic-fezensac, ce titre a sonné comme une évidence. publié dans musique , orlando poleo , tempo latino | marqué avec interview | laisser un commentaire 03 juillet 2015 la tête dans les étoiles avec joe bataan a soixante-douze ans, joe bataan vient de donner son tout premier concert à paris, une soirée exceptionnelle en compagnie d’un artiste dont le nom est devenu synonyme d’un style musical, le latin soul. un rêve de gosse… quand osman jr vous raconte sa rencontre avec joe bataan l’été dernier à new york, vous pouvez voir les étoiles bri